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Le lâcher-prise

 

Bientôt la fin des Grandes Vacances. C’est une période durant laquelle normalement, on lâche prise. 

 

Vraiment ? On s’y attache quand même aux vacances. Oserait-on s’en passer ? 

Paradoxe : en fait, on est très attaché à cette période de lâcher-prise…  

 

Au début de cette période, les enfants étaient encore à l’école, on a à nouveau croisé le yoga et le dessin. 

 

Dans les deux cas, il s’agit d’une expérience de lâcher-prise. 

 

Au début d’une séance de yoga : l’animatrice nous suggère un rythme de respiration, le regard vers un point fixe ou les yeux fermés, tel que le cerveau qui est un chien fou, finisse par se calmer, oublier ce qui nous a tracassé, ce que nous aurons à résoudre, facile d’imaginer… en quelque sorte faire le vide. 

 

 

Le dessin c’est tracer le mouvement de l’œil… c’est se contenter – le grand défi en soit – de voir et donc d’oublier le savoir.

Un des exercices – de lâcher-prise - était de mettre son carnet de dessin à l’envers, de regarder uniquement la modèle et de tourner autour d’elle en marchant lentement. 
Le mental n’opère plus, il n’a d’autre choix que de s’effacer et le crayon voyage en dansant sur le papier, l’œil s’exerce à observer ce qui est. 

 

Oser aussi dessiner le modèle par le vide c’est-à-dire ce qui n’est pas le modèle… et donc le faire apparaître en ‘négatif’. Evidemment on peut longuement discuter des mots, le plein ou le vide…

 

Bien regarder d’abord, tracer mentalement, décider d’un point de départ. 

Une fois que l’on trace réellement, on ne s’interrompt pas… sinon le dessin est ‘menacé’ ; on dessine ce que l’on sait … on passe du ça-voir au savoir

 

Et il faut aussi prévoir, comme lorsqu’on marche, on ne regarde pas ses chaussures…

 

Gwenaëlle, l’animatrice du yoga n’est pas très à l’aise avec cette expression lâcher-prise. 

Elle m’a écrit : 

 

« Je ne sais pas pour vous, mais pendant des années cette expression m’a un chouïa irritée. Une injonction paradoxale « Il faut que tu lâches prise ! ».

Lâcher quoi ? Comment visualiser un geste, incarner un acte que je ressens comme une négation ?

Alors j’ai transformé, alchimisé, pour me rendre compte que, tournée positivement, c’est une invitation profonde à faire confiance. 

Un acte de Foi ! 

Confiance en la vie, en l’autre, en l’univers, en l’avenir… ou en Soi. 

Depuis lors, dès que je (me) propose de lâcher prise, j’entends une douce voix qui me dit « aie confiance » »

 

 

Et quand on regarde les grands artistes, Cézanne, Mondrian, Delvaux, Picasso, Giacometti, Hockney (qui, conscient, s’est interrogé sur le ‘secret knowledge’)…ils sont passés par là.

Les tracés sur le sable de Raoul Ubac ; les tracés de Gaston Chaissac qui, assis, dessinait sur la feuille placée à sa droite sur le sol, feuille qu’il ne pouvait donc voir…

 

Et de me rappeler aussi qu’oser lâcher-prise, c’est se dire qu’il n’est plus nécessaire de prouver. 

 

Le lâcher-prise

 

 

 

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