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Vivre en incertitude ?

Voici bientôt 600 jours, nous allions voir La Peste de Camus à l’Atelier Théâtral Jean Vilar (ATJV).

Deux jours après, le 17 mars, c’était le premier confinement.

 

Presque 600 jours après, nous sommes dans une situation intermédiaire, en partie déconfinés, en partie confinés, ne fut-ce que parce que les gestes barrières sont entrés dans nos habitudes.

 

A Oran, écrit Camus dans La Peste, « fin janvier de l’année suivante, le recul de la peste était manifeste. Dans la ville, les rats reviennent. On n’en avait plus vu depuis le mois d’avril… C’est un phénomène étrange. J’ai également vu un chat…

Vous pensez que l’épidémie peut cesser, comme cela, sans prévenir ?

La quarantaine est maintenue...

La maladie est toujours là. Parfois elle se raidit et dans une sorte d’aveugle sursaut, elle emporte trois ou quatre malades.

Sauf imprévu, l’épidémie va cesser… Nous vivrons sans doute un retour à la vie normale… Oui c’est dans l’ordre des choses…

Si tout pouvait repartir de zéro.

Ouverture des portes de la ville. Nous sommes un an plus tard. »

 

Et pour nous, c’est l’espoir dans le vaccin.

Mais nous avions l’impression de pouvoir émerger de cette pandémie.

 

Malgré un taux de vaccination des plus élevés dans le monde, il est question ces jours-ci d’une entrée dans la quatrième vague. On nous annonce machine arrière particulièrement en Flandre où le port du masque n’était plus obligatoire depuis quelques semaines.

Julie est allée la semaine dernière au Danemark ; elle a dû porter le masque dans l’avion et pas n’importe lequel : il devait s’agir du FFP2. Mais plus besoin de masque à l’arrivée : « Depuis le 10 septembre, plus l’ombre d’un masque, ni d’un pass sanitaire au Danemark »(Jour 584 La crise du masque, Le Soir du 18 octobre 2021).

 

Les messages que nous recevons vont un peu dans tous les sens.

 

Des amis de nos amis se sont retrouvés positifs, bien que vaccinés, en raison, semble-t-il, de retrouvailles avec leurs petits enfants. Paniques chez les amis en question. Lui voulait rester à l’air libre lors d’une restauration amicale ce dimanche.

 

Ce matin, 19 octobre, on évoque une quatrième vague … et l’on nous invite déjà à accepter une troisième dose de note vaccin Pfiser. Et les avis divergent à ce sujet…

 

Le dernier épisode d’Hep Taxi interroge le bien connu épidémiologue Marius Gilbert.

 

Il y explique notamment  qu’une pandémie évolue des grandes vagues de son début vers des petites vaguelettes qui la font resurgir à la faveur d’un climat plus difficile, durant des périodes où les gens sont fatigués…

Pas possible donc de prévoir une fin ; il faudra vivre avec.

 

Et l’on nous invite déjà à accepter une troisième dose de notre vaccin Pfiser alors que nombre de pays, pas si éloignés que cela, et avec qui, bien sûr, il y a des communications, en sont encore à des pourcentages très faibles de la première dose…

Mais les techniques de tests se développent et permettront sans doute de se défausser de cette campagne vaccinale. Le Larousse indique que se défausser veut dire « se débarrasser au cours du jeu d'une carte jugée inutile ».

Serions-nous ici dans un grand jeu ?

 

Marius Gilbert semble calmer le jeu : les enfants sont très peu à risque ; 90% de la mortalité due au Covid concerne des personnes âgées de plus de 65 ans. Il insiste aussi en rappelant qu’au moment du premier confinement, l’économie fut arrêtée au profit de la santé…. en fait des personnes dont la plupart n’étaient plus actives dans notre société… C’est là, selon lui, ce que l’Histoire retiendra de cette pandémie. On se souviendra de la première injection du vaccin en Belgique à une personne âgée de 101 ans…

 

Ce matin (25 octobre), le ministre de la santé met la pression en expliquant que ce qui serait le plus à craindre serait une simultanéité entre une épidémie de grippe et celle du covid. Mais la raison principale semble être le risque d’insuffisances de lits en soins intensifs… façon aussi sans doute d’inciter aux vaccins…

 

Dès le début, fin 2019, on a soupçonné une provenance animalière du virus au marché de Wuhan soit une trop grande proximité entre l’homme et la nature.

 

Les catastrophes climatiques de l’été dernier, incendies et inondations, ont pour effet que l’enjeu climatique vient rejoindre la pandémie.

La prochaine réunion de la Cop26 à Glasgow reconnaît – il suffit d’en voir l’annonce sur le Net - les liens entre le Covid et la question climatique.

 

C’est sans doute là aussi une évolution profonde qui se dessine à propos du Covid : notre lien avec la nature et sans doute ce que nous choisissons d’ingurgiter comme nourriture.

Continuons aussi à marcher ; l’exercice physique et le bon air renforceront notre immunité.

 

Mais, souligne Marius Gilbert, le ressenti de l’un et l’autre est très différent : tout le monde s’est senti menacé par le Covid surtout parce que tout le monde se sent menacé ; parce qu’il est très difficile, voire impossible d’identifier pourquoi telle personne, riche ou pauvre, en a été frappée.

Rien à voir avec le ressenti des inondations de cet été. Si vous habitez le haut de la ville, vous êtes épargnés des remugles des zones humides… S’il s’agit de l’incendie d’une forêt, ne choisissez pas un camping qui en est proche… Mais la question climatique, selon Marius Gilbert, reste plutôt abstraite, en regard de la pandémie.

 

La cohésion sociale, choisie ou imposée, qui était le fait de la première phase de la pandémie, risque de se transformer en fractures sociales ou en oppositions entre proches selon l’adhésion d’un chacun aux mesures de protection.  

 

Bien évidemment, l’incertitude va continuer.

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A
Cher Jean<br /> c'est curieux, j'ai un peu l'impression inverse: notre incertitude diminue:<br /> -on a maintenant des vaccins efficaces, avec bien moins d'effet secondaires que la plupart des médicaments efficaces.<br /> -On connait de mieux en mieux le virus  et on lutera de mieux en mieux contre lui<br /> La soi disant quatrième vague, le "retour en arrière" de la Flandre etc.. ce sont des borborygmes journalistiques et des soubresauts de politiques qui essaient de se faire bien voir<br />  Que les vaccins n'empêchent ( provisoirement...) pas l'infection, on s'en F... un peu. cette infection est désormais limitée dans l'immense majorité des cas, quel progrès hallucinant en peu de temps!<br /> On n'avait guère cela du temps de la peste de Camus...!<br />  effectivement l'histoire retiendra de cette pandémie la solidarité transgénérationnelle, qui a fait fi de l'égoïsme économique du plus fort et du productif:  si les plus jeunes peuvent "produire" économiquement, c'est parce que les aînés leur ont donné l'outil adéquat, et s'il n'y a pas de reconnaissance, leur propres enfants n'auront pas non plus de reconnaissance quand ils ne seront plus productif...<br /> nos sociétés "évoluées ne survivront que s'il persiste une loyauté intergénérationnelles, sinon, une génération trouvera toujours une génération plus jeune qui sera plus forte qu'elle et qui la laissera crever...<br />  <br /> S'il n'y a même plus de cohésion sociale pour la santé, il n'y en aura plus non  plus pour le climat, l'un n'empêche pas l'autre!<br />  <br /> A très bientôt j'espère!<br />  <br /> ALAIN
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J
Cher jean,<br /> l’economiste ne Voit-il pas autour de lui poindre l’effondrement ?...<br /> ... et l’artiste ne sent-il pas déjà émerger le « nouveau » comme un perce-neige au travers d’un sol enneigé ?<br /> toute mon amitié <br /> jean
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