Telle est la devise que j’ai pu lire sur un cadran solaire lors d’une randonnée dans le Queyras.
Avec la remontée du soleil depuis déjà trois mois, l’ombre du stylet du cadran solaire s’est allongée ; elle suit la deuxième ligne que je viens de tracer ce 20 mars, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous.
La lumière est revenue, même si la température est encore fraiche.
C’est la lumière qui stimule la vie plus que la température, bien qu’évidemment, elle doive être suffisante ; une basse température ralentit évidemment la croissance.
Ce soleil nous redonnera les vitamines D qui nous permettront de mieux lutter contre le Covid.
C’est aussi le moment idéal pour construire votre cadran solaire.
Ce n’est pas trop compliqué si vous le faites sur le sol : planter verticalement un bâton ou vous-même debout. Lorsque l’ombre sera orientée vers le Nord (vérifiez à la boussole), ce sera le midi solaire. A partir de cette ombre projetée, il sera possible de construire un carré.
C’est ainsi, selon le récit que donne Fernand Pouillon dans Les Pierres Sauvages que les premiers Cisterciens avaient tracé les dimensions de l’église romane du monastère du Thoronet en Provence.
Et certainement près de chez nous à Villers, bien qu’il s’agisse d’un édifice beaucoup plus grand, de style gothique.
Ce carré forme le transept de la future église, à partir duquel le reste de l’édifice pourra être construit. Et cette même ombre permettra de construire un cercle ; elle en sera le rayon. C’est ce que l’on appelle la quadrature du cercle.
De là découle toute la symbolique : le carré représente les quatre éléments fondateurs de notre vie : l'air, le feu, l'eau et la terre. Dans ce carré peut s’inscrire un cercle qui lui, est sensé représenter l’univers…
On nous a appris dès notre enfance à calculer la longueur de la circonférence du cercle et sa surface, à partir du chiffre magique qui est Pi (3,1416…) appelé le nombre d’or, principe d’harmonie dans l’Univers et dans certains choix d’architecture.
Ceci peut nous rappeler aussi l’équilibre de la terre dans l’Univers qu’il s’agit certainement maintenant de s’attacher à retrouver…
Le choix de l’emplacement du bâton dont l’ombre sera déterminante, n’est pas non plus dû au hasard, mais il s’agit là d’un domaine qui n’est pas inclus dans nos calculs scolaires et architecturaux.
Il y avait là une volonté d’harmonie verticale : la construction qui se réaliserait devait être en harmonie avec le sous-sol. A chacun.e de se faire son opinion sur cette question.
A midi, l’ombre est orientée vers le nord. Le carré construit donnera en même temps l’orientation est-ouest qui est celle des églises traditionnelles. On se lève avec le soleil ; le chœur est tourné vers l’est.
Cette orientation n’est pas propre au christianisme. Il semble même que certaines grottes préhistoriques, par exemple Lascaux, aient été ornées en tenant compte de l’emplacement du rayon solaire dans la grotte, au moment de l’équinoxe. Chantal Jègues-Wolkiewiez étudie depuis une trentaine d’années l’influence des astres, principalement du soleil, dans l’art paléolithique.
En Egypte le temple d’Abou Simbel en est un célèbre exemple.
Le prochain rendez-vous avec le soleil sera le 20 juin (ou 21 à vérifier).
Espérons que d’ici là, la vitamine D nous aura aidé à lutter contre le Covid.
Et donc, bon printemps.