Depuis le début de la pandémie, la mort rode autour de nous, un peu plus que d’habitude. Ce n’est pas très gai d’écrire un Billet d’Humeur sur cette question, mais ce n’est pas la première fois que je l’évoque.
Un fait d’actualité a éveillé mon attention à ce sujet.
Une carte blanche de Olivier De Schutter, Rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme, explique : « Voici bientôt sept semaines que 470 personnes sans-papiers font une grève de la faim à Bruxelles afin d’obtenir la régularisation de leur situation administrative…Elles se trouvent chez nous, en moyenne, depuis sept ans,… La plupart des adultes sans-papiers travaillent, mais en tant que travailleurs et travailleuses informels, c’est-à-dire sans que cela ouvre un droit à la sécurité sociale. » Cette carte blanche vient d’être publiée le 8 juillet sur le Blog QU'ALORS Y FAIRE.
Vis-à-vis des réfugiés, vis-à-vis du Covid, la solution préférée est celle du confinement. Le confinement du type Moria me semble malheureusement avoir beaucoup de traits communs avec celui de Buchenwald – le fameux camp aux portes de Weimar, la grande ville culturelle de l’Allemagne – camp où vécut notamment Jorge Semprun. Patrik Rotman relate cette épisode dans son livre Ivo (Montand) & Jorge (Semprun) paru cette année chez Grasset (voir mon B.H. Destins croisés : Montand et Semprun du 14 avril 2021).
Or, dans le cas du Covid, l’énergie des gouvernements à combattre la mort est quasiment sans limite.
A tout le moins, on peut se demander comment nos gouvernants, aussi bien au niveau européen qu’au niveau national, acceptent de tenir ce grand écart, cet oxymore, dans leurs choix par rapport à la mort, des réfugiés d’un côté, des victimes de la pandémie de l’autre. Mais il semble, ce lundi matin, que la question du voile d’une commissaire du gouvernement fasse couler beaucoup plus d’encre que la présente question.