Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Inondations et Cygne Noir

Les inondations exceptionnelles qui sévissent en cette période, plus précisément dans certaines communes de notre pays m’invitent à choisir ce titre.

 

Sans doute parce que le Cygne est un animal qui vit sur l’eau.

Mais plutôt parce que le Cygne noir est l’expression choisie pour désigner l’événement qui survient brutalement et qui est imprévisible à partir des instruments statistiques dont nous disposons.

Les Européens qui découvrirent l’Australie croyaient fermement qu’il ne pouvait y avoir que des Cygnes blanc sur Terre, mais ils durent admettre l’existence de Cygnes noirs en les y découvrant.

 

C’est le titre qu’avait choisi Nassim Nicolas Taleb, l’auteur d’origine libanaise de ce livre, Le Cygne noir,  sous-titré La puissance de l’imprévisible, paru pour la première fois en 2008. Je l’avais lu au printemps 2020 et l’avais évoqué dans un BH du 27 (!) juillet 2020. A l’époque, la pandémie paraissait imprévisible ; elle avait encore la force de surprendre.

 

Au début des inondations de ces derniers jours, j’étais en randonnée avec trois de mes neveu/nièces sur les bords de la Semois. Celle-ci était particulièrement large et torrentueuse, draînant divers objets ; les loueurs de kayaks avaient fermé boutique, alors qu’en été normal, sa pratique est rendu difficile par le manque d’eau…

Nous avions démarré notre rando le mercredi 14 juillet et le lendemain, nous entendions quelque peu effarés, particulièrement une nièce habitant dans la région liégeoise, la catastrophe qui s’y produisait.

 

J’étais aussi frappé par le fait que durant quelques-unes de mes randonnées précédentes dans les Alpes du Sud, des événements extraordinaires, s’étaient produits : l’explosion de Tchernobil en avril 1986, l’attaque des Twin Towers en 2001dont nous voyions l’écroulement en direct sur une petite télévision à l’arrivée à notre refuge des Tre Alpi , l’attentat d’Atocha à Madrid en 2011. Le fait d’être en dehors de tout rend ce type de nouvelle, particulièrement interpellant. Le monde allait-il s’arrêter ?

 

La qualification de Cygne noir serait due au fait que ces événements soient imprévisibles, aient des effets négatifs importants.

Selon Nicolas Taleb, ceux-ci sont de plus en plus fréquents dans la période récente. Outre ceux que je viens de citer : l’éruption volcanique en Islande de 2010, le Bataclan en 2015… le Covid en 2019…

Certains, que l’auteur appellent Cygnes gris sont toutefois prévisibles mais exceptionnels : une éruption volcanique mais dont la dangerosité peut être redoutable. L’humain semble les ignorer à tel point que telle grande ville comme Naples se trouve à proximité d’un volcan qui semble à nouveau s’agiter…

 

L’incertitude vient du fait qu’on ne connaît pas l’origine de l’événement que l’on subit.

 

Selon Nicolas Taleb, brillant statisticien, la statistique classique basée sur  la distribution en cloche (Gauss), ne prend pas en compte ce type d’évènement ; il est considéré comme une exception.

 

Mais nous sommes attachés à trouver les causes ; cela nous rassurerait si cela nous permettait de les anticiper. Les politiques interviennent explicitement ces derniers jours à ce sujet. Il s’agirait aussi d’identifier des responsabilités.

Ainsi lorsque l’on parcourt la presse de ce week-end, par exemple Le Soir des 24-25 juillet, on apprend que l’alerte devait être donnée par l’Europe (Le système européen d’alerte de crues , l’Efas). Celui-ci avait donné « un degré de gravité de quelques 55% au pic de la crue », rapportant que l’administration wallonne a considéré que « le dispositif européen fonctionne ‘à grosses mailles’ ». Dans les faits, « les prévisions les plus pessimistes ont été largement dépassées par cet épisode pluvieux indédit ».

Ajoutons aussi que les prévisions sont données pour telle ou telle rivière mais ne précisent en rien ce qui peut se passer à Theux, à Court-st-Etienne, à Ensival ou à Bioul…

 

Il s’agit donc bien d’un Cygne noir puisqu’à leur propos, les prévisions ne semblent pas possibles. La science statistique donne une information qui est normale parce que basée sur des informations passées tandis que la réalité se vit hic et nunc.

 

Il me souvient du voyage que nous avions fait au Sri Lanka voici quelques années, guidé par un docteur de notre université, qui, lorsqu’on lui demandait de nous rassurer sur ce qui se passerait demain, nous répondait chaque fois ‘on verra’. L’expérience d’un orage tropical nous en a convaincu.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article