Ce jour-ci, nous sommes à mi-distance entre les deux week-end du Parcours d’artistes Trèfle organisé à Louvain-la-Neuve.
Je suis accueilli chez Caroline, pianiste, au n°76, à Lauzelle.
Les visites sont prévues les après-midi du samedi, de 14 à 19 h. et du dimanche, de 13 à 18h.
Il y aura intermède musical chacun des deux après-midi à 15h et 16h30’. S’annoncer au 0476229131..
J’ai choisi des dessins vivants réalisés de préférence sans interrompre le tracé de la ligne, comme le montre l’illustration ci-jointe et selon une consigne bien connue de ceux à qui je transmets cette pratique.
Pour cette occasion, j’ai réalisé un petit livre : Dessiner, Eveiller le regard où je présente en quelques petits textes illustrés ma conception du dessin.
Comme l’écrivait Paul Klee, un grand artiste suisse « La ligne est un point qui est parti marcher ».
La ligne continue est un défi que l’on se donne : pour dessiner un modèle, d’abord bien le regarder, choisir un parcours de l’œil, le suivre ensuite sans s’interrompre - sinon on ne regarde plus, on réfléchit et le dessin est ‘menacé’ – regarder le modèle plutôt que le papier sur lequel on trace…
Etre comme le jeune enfant qui découvre un monde nouveau et qui ne sait pas encore mettre un nom sur ce qu’il voit.
La ligne continue, ce n’est toutefois pas la ligne droite. Celle-ci n’existe pas chez les végétaux, les animaux, les humains…
D’ailleurs, on n’aime pas trop dessiner une chaise moderne, un cadre de vélo, un aspirateur, bref la plupart des objets que l’esprit rationnel de l’homme a inventés. Il y a plus de plaisir à dessiner un modèle vivant …
C’est comme pour la marche : marcher sur une route macadamisée, droite, ne donne pas le plaisir qu’il y a à marcher sur un sentier avec les accidents qui lui sont propres, avec le massage des pieds qui en résulte.
Par le petit livre, je transmets différents aspects de la pratique du dessin.
Outre, apprendre à voir, un texte est consacré à la question du choix du modèle et du rapport que l’artiste peut avoir avec lui, selon qu’il s’agit de la nature morte ou du modèle vivant ; au regard qui peut s’échanger entre ce dernier et l’artiste.
Un autre texte à la question de l’ombre et de la lumière qui suppose que l’on dessine à la masse plutôt qu’à la ligne ; à la surprise que l’on a lorsque l’on regarde une zone blanche à côté d’une zone sombre, plus blanche que la marge de la feuille.
Même question à propos du plein et du vide. Le blanc est assimilé au vide (les blancs sur une carte géographique) mais il n’est pas certain que cette zone soit inutile dans le dessin.
La question du temps fait aussi partie du dessin. Celui-ci est une trace réalisée à un moment donné. Il peut être réalisé plus ou moins vite selon qu’il s’agit d’un croquis ou d’un dessin qui scrute le modèle.
Le dessin vivant suppose une attention certaine, un peu comme le Yoga que j’ai pu expérimenter avec quelques ami.e.s en complémentarité du dessin. On n’a jamais fini d’apprendre à voir.