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C'est la fin ?

A Oran, écrit Camus dans La Peste, « fin janvier de l’année suivante, le recul de la peste était manifeste. Dans la ville, les rats reviennent. On n’en avait plus vu depuis le mois d’avril… C’est un phénomène étrange. J’ai également vu un chat…

Vous pensez que l’épidémie peut cesser, comme cela, sans prévenir ?

La quarantaine est maintenue...

La maladie est toujours là. Parfois elle se raidit et dans une sorte d’aveugle sursaut, elle emporte trois ou quatre malades.

Sauf imprévu, l’épidémie va cesser… Nous vivrons sans doute un retour à la vie normale… Oui c’est dans l’ordre des choses…

Si tout pouvait repartir de zéro.

Ouverture des portes de la ville. Nous sommes un an plus tard. »

 

Pour nous, cela fait deux ans, le 19 mars que nous avons été confinés une première fois. Confinement très strict.

Au début, on pensait que l’affaire serait réglée en trois semaines. C’était tellement étonnant que l’on écrivait tous les jours. Et puis il a fallu adopter un rythme de grande randonnée, tenir dans la durée, bien plus long encore que d’aller à Saint-Jacques. Trois mois pour l’ami Jean…

On a tenu dans la durée, peut-être grâce aux variants qui ont donné un rythme, des hauts et des bas, un peu comme les grandes marées par rapport aux autres.

 

On pourrait dire, c’est la fin, car une autre menace, un autre Cygne noir nous est survenu sur notre propre continent, évènement qui semble faire oublier la pandémie.

 

J’hésitais donc à intituler ce Billet, La peste ou le cholera.

 

Relisant, en vue d’une conclusion – C’est la fin -  les Billets d’Humeurs que j’ai rédigés, certains faits évoqués, m’ont interpellé.

 

Cette année encore, pour la deuxième fois, Binche n’a pu réaliser son carnaval. C’était encore un peu trop tôt. On était encore en code orange. Il aurait fallu que ce soit le code jaune. Mais on a dansé dans les cafés, sans les masques. Les masques neutres – on est tous égaux - ne sont pas sortis.

 

Mais Mons fêtera le Doudou ; il faudra que saint George terrasse la biesse. Historiquement, on rappelle que ce rite fut issu de la grande peste. Deux fois la fête a été manquée. Il n’en avait même pas été ainsi durant les deux dernières guerres.

 

 

Avec le recul, il apparaît qu’il est beaucoup plus facile d’entrer en confinement que d’en sortir. On n’imagine plus la sévérité du premier confinement mais que d’hésitations pour les assouplissements.

Et le résultat est que l’on se croit totalement libéré puisqu’il ne faut plus porter le masque que dans certaines circonstances évidentes. Tout le monde était masqué dans le  train qui ramenait les étudiants dimanche dernier dans leur kot à Bruxelles.

 

C’est l’Ukraine qui vient remplacer la pandémie, nouveau Cygne noir – éventuellement gris pour qui considère que cet événement était prévisible…

 

A nouveau l’incertitude.

L’une est-elle plus prévisible que l’autre ?

 

Une guerre réchauffe encore un peu plus la planète… est-ce adéquat ?

 

Le manque d’énergie nous menace : pour nous chauffer ; pour nous alimenter (l’Ukraine grenier à blé)… un autre confinement forcé se profile-t-il ?

 

On parlait durant le Covid des morts en Méditerranée … maintenant, il semble qu’il y ait deux poids, deux mesures dans l’accueil des humains…

 

Mais la Peste de Camus se lit aussi entre les lignes. De même sans doute pour le Covid et l’Ukraine : une maladie se réveille quand l’autre s’endort.

 

… la Peste ou le Cholera ?

 

Mais Saint George continuera à nous soutenir !

 

C'est la fin ?

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