La végétation pousse allègrement en ce printemps. Il faut tailler les haies.
Son mari est très généreux ; c’est le moment de tailler les haies – la sienne, la leur – mais il préfère commencer par celle du voisin.
Ainsi lui fait-il plaisir… il s’oublie mais risque d’oublier ses préférences à elle !
Plus facile de donner ? … espérer recevoir bien sûr !
La haie est mitoyenne.
Il ne le dit pas mais il espère sans doute qu’à la saison suivante, le voisin viendra tailler la haie.
Depuis x années, je n’ai pas taillé la haie qui nous sépare de nos voisins… d’autant plus qu’il est dans le métier.
De son côté, il y a, plus exactement il y avait, une jardinerie qu’il avait lancée plein d’enthousiasme…
… mais la loi, il la connaît… et les buissons de la haie sont en fait plantés de notre côté, donc à moi d’assumer…
… et si l’on est à cheval sur la loi, autant l’être sur la haie ; plantons-la en alternance, un buisson d’un côté, le suivant de l’autre. Mais à charge de qui ?
Le faire moi-même pour que l’autre assure…
Si j’ai commencé à tailler de son côté, le risque est qu’il suppose que je récidive…
Mon voisin serait-il un coucou ?
La haie abrite-t-elle ce genre d’oiseaux ?... si exceptionnel ? Pas sûr ; les animaux ont aussi leurs territoires… Mais les coucous se font entretenir par d’autres.
Et, dans sa jardinerie, le voisin avait planté des joncs… il ne s’est pas rendu compte que les racines de ce végétal sont incontrôlables.
Il m’a donc fallu aussi tailler les racines qui se moquaient allègrement de la haie…
Si le terrain ne pouvait être propriété privée, il serait toutefois bon d’en avoir pour permettre aux oiseaux de nicher et de chanter leur territoire !
Billet rédigé à l’occasion d’un atelier d’écriture sur le thème du Bon à valoir...