Dans le précédent BH, j’évoquai le Jardin à la française et le Jardin à l’anglaise.
Nous nous préparions, avec l’asbl Arts Croisés, à visiter Vaux le Vicomte et son imposant jardin conçu par Le Nôtre, le jardinier du Roi Louis XIV, brouillon, paraît-il, des jardins de Versailles.
Nous avons aussi visité le château de Fontainebleau où existe aussi un jardin à l’anglaise, Fontainebleau haut lieu de la royauté mais aussi résidence de Napoléon ce qui eut pour effet positif de sauver ce château des affres de la révolution française.
A Vaux, l’architecte met en scène les principes de la perspective à l’image des peintres de la Renaissance. L’architecte s’efforce de maîtriser la nature, créant le parc en dépit des accidents originels de celle-ci.
Il recherche aussi la performance technique d’une perspective trompeuse ; c’est en se promenant que l’on découvre les vraies dimensions de ce parc.
Le jardin à l’anglaise, quant à lui, est en complète opposition par son agencement et ses formes irrégulières. Il prend le contre-pied, aussi bien esthétiquement que symboliquement, en se proclamant avant tout paysage et peinture.
Pas d’allées rectilignes guidant les pas du promeneur mais plutôt une sorte « d’errance poétique ». Le jardin à l’anglaise est en somme une peinture vivante.
On se promène agréablement dans un jardin à l’anglaise. A Vaux le Vicomte, il faut aller chercher dans les fourrés latéraux un peu d’intimité et la surprise de certains sculptures qui y correspondent.
De retour chez nous, notre attention fut sollicitée par un autre château, celui de Highclere, pas loin d’Oxford à l’occasion de la sortie du dernier épisode de Downton Abbey.
La première série avait traversé l’histoire de la famille Crawley depuis le début du XXè siècle. Ce dernier épisode évoque les bouleversements fondamentaux de cette famille : l’origine française du patron des lieux y révélée, l’acceptation de l’homosexualité du majordome, la fin du cinéma muet qui complique la réalisation du film, pour se terminer par le renversement des rôles où les domestiques revêtent les habits de leurs maîtres.
Highclere ne s’opposerait-il pas à Vaux comme le personnage de Maggie Smith, « pleine d’autodérision mais aussi terriblement touchante dans les scènes où elle révèle sa fragilité (préparez les mouchoirs !) » à sa rivale, « la femme de Montmirail, Nathalie Baye qui ne comprend pas pourquoi cette vieille Anglaise vient lui faucher sa villa. » (J.Huon, Downton Abbey 2, in Le Soir 4 mai 2022).
Sans doute, dans leurs modes de vie, la famille Crawley et celle de Nicolas Fouquet ne devaient-ils pas être si différentes, chacune à son époque.
Mais rien de comparable, me semble-t-il, entre Fouquet, le génial entrepreneur, l’ambitieux surintendant des finances, l’une des rares personnalités capables de soutenir financièrement le roi Louis XIV et ses guerres… dans un contexte de gestion des deniers publics où une certaine perméabilité se pratiquait entre intérêts privés et publics ; l’essentiel étant de lever l’impôt quitte à appauvrir la population...
Rien de tout cela chez les Crawley où toutes les ressources semblent devoir venir de la terre, sorte d’ilot privilégié dans une Angleterre qui est en pleine révolution industrielle… quoique les épisodes précédents ont montré que certains membres de la famille ont pris leur distance vis-à-vis de cet ancrage.
Et c’est aussi pour sauver le château, les toitures étant devenues des passoires, que les Crawley accepteront la présence des comédiens dans leurs salons, l’une d’elles, Laura Carmichael, y fera particulièrement tache.
Fouquet signifie écureuil, en patois angevin, l’animal qui fait des provisions mais qui est impossible à attraper.
Quoique… son ambition fut jugée suspecte par Colbert qui tentait de mettre de l‘ordre dans la gestion des finances publiques et du roi, plus spécialement.
Le roi ne pu supporter l’affichage de sa richesse lors de la grande fête à laquelle il fut convié le 17 août 1661. Il faut arrêté par d’Artagnan deux semaines plus tard. S’en suivit un procès à multiples rebondissements, son enferment à Pignerol et son empoisonnement en 1680.