Billet d’Humeur
Covid : un verre à moitié plein, à moitié vide.
Raz le bol !
Depuis octobre, nous vivons confinés mais avec la lumière on a l’espoir que le confinement va bientôt s’assouplir. D’ailleurs, ce ne sont plus les vieux que l’on plaint, mais plutôt les ados qui sont en manque relationnel. Ils deviennent le nouveau public à risque puisque les vieux sont vaccinés ou le seront bientôt…
Le Covid a des effets positifs.
L’actualité récente nous le montre.
Les usines Audi de Forest doivent interrompre la production de leur voiture pour cause de manque de puces électroniques ; ainsi, sans le vouloir, ce manque pourrait stimuler un comportement alternatif à la voiture. C’est un souhait pour une mobilité moins polluante.
Il y a eu nettement moins de naissances de bébés prématurés depuis le premier confinement. Les avis sollicités par les médias auprès de maternités, montrent une hésitation à propos d’une cause scientifique à ce phénomène. Une explication de bon sens pourrait l’expliquer : vivre plus calmement favorise une grossesse normale. Un avis précise aussi que le contexte de vie – plus ou moins favorisé, plus ou moins sain – différencie ce phénomène.
Des étudiants à Louvain-la-Neuve vivant en Kot communautaire sont présentés comme heureux de l’expérience. Cela leur permet de ne plus vivre chez leurs parents et, disent-ils, de faire l’expérience d’une bonne convivialité, bien qu’ils souhaitent évidemment un retour rapide vers des cours en auditoires.
S’il n’y avait pas eu le confinement, je crois que je n’aurais pas été autant stimulé à rédiger ces Billets d’Humeurs.
J’ai pu lire aussi le dernier livre d’Erri de Luca, Impossible, Gallimard 2020. Le héros du récit est emprisonné, présumé coupable d’avoir commis en montagne le meurtre d’un de ses anciens amis de la résistance. Il résiste aux soupçons du jeune juge qui veut l’acculer à faire des aveux tels qu’il puisse être condamné. « L’âge avancé permet de percevoir à l’intérieur d’une cellule d’isolement les nuances d’heures uniques. Je sais qu’un jour je me souviendrai avec affection de ce temps arrêté » (p. 162). Le juge dut admettre l’impossibilité de prouver ses hypothèses de culpabilité ; le présumé fut libéré.
Un livre à faire lire pour le moment à des jeunes ?
Et la télévision proposait récemment un billet montrant la relative satisfaction de prisonniers âgés dans leurs cellules.
On peut donc faire beaucoup de choses à distance, probablement plus qu’on n’imaginait : le travail, les cours, les courses… et peut-être, jusqu’à un certain point (!) la vie relationnelle, voire affective. C’est ce que dénonce François Saltiel – par ailleurs chroniqueur dans 28’ sur Arte - dans son livre récemment paru La société du sans contact. Selfie d’un monde en chute (Flammarion 2020).
« On s’habitue ! Aux cours à distance, au télétravail… à ne plus se déplacer… C’est la fin de l’expérience commune. La société nous pousse tellement à la distance que c’est un effort de résister, de sortir de son canapé.
(Cependant) des comportements d’hier sont questionnés : consulter Amazon plutôt que de se faire conseiller par son libraire…(on se rend compte) que c’est participer à une industrie qui paie les gens une misère pour un objet dont on n’a pas forcément besoin.
… la baisse de la libido (s’observe) dans cette société sans contact… tous ces outils (numériques) vous font rester chez vous ! D’autant qu’elles ne coûtent pas si chers.
On s’est en fait endormi…
Il faudrait qu’il y ait des contre-utopies… pourquoi pas une offre numérique payante … on est prêt à payer cinq euros par mois pour un Facebook éthique… Si on arrive à prendre conscience qu’on est avachis, c’est déjà pas mal. » (extrait de son interview par Aurore Vaucelle, paru dans La Libre Belgique du 11 février).
Heureusement, on peut de nouveau se faire chouchouter par son coiffeur et échanger avec lui des confidences, à travers le masque.
Ceux du Carnaval n’ont pas pu sortir ; avantage : moins de gaspillage d’oranges sur les murs de Binche.
Mais la tentative émouvante de Quentin Dujardin de donner un petit concert dans l’église de Crupet confirme un vrai raz-le-bol. Dans une église, le culte peut y être célébré pour quinze fidèles, quelle que soit d’ailleurs la taille de l’édifice…
Et si c’était un prêtre qui avait tenu la guitare durant la messe, que ce serait-il passé ?
D’ailleurs, traditionnellement, les grands messes étaient des concerts ; l’orgue jouait, on y chantait du grégorien…mais le côté concert a été perdu avec les liturgies nouvelles…
La grotte Saint-Antoine à Crupet construite par l’abbé Gérard, curé du lieu, au début du XXè siècle, accorde une présence remarquable au diable. Serait-ce le diable qui cette fois encore serait intervenu pour faire annuler ce concert ?
Nous venons de sortir d’une semaine de gel bien affirmé. Généralement on estime que cela tue les microbes ! Les vétérinaires des campagnes le savent en ce qui concerne les animaux. Sans doute cela devrait avoir un effet sur le virus… mais encore faudra-t-il le prouver scientifiquement !
19 février Jean Verly
Ps : on annonce pour dimanche une journée printanière !